Dépersonnalisation
qui conduit à
Déshumanisation

Bataillons, luttons contre le phénomène de dépersonnalisation, d‘oubli, d’érosion d’une identité.

L’avez vous déjà remarqué?

La dépersonnalisation a pris le pas dans tous les domaines de notre vie.

Monde de l’entreprise :  Ce fut la première étape, l’abandon du nom de famille et du vouvoiement , pour l’ère du prénom et du tutoiement, pensant par la même que cela faciliterait la cohésion d’équipe, l’esprit d’équipe, l’intégration. 

Pour être intégré, il n’y a pas de doute, nous le sommes tous, tellement intégrés, que nous ne sommes plus une personne mais un tout dans un ensemble qui constitue l’entreprise. 

Par voie de fait, on a glissé vers une autre tendance. La tendance du “il, elle ou on”. On m’a dit,   vous savez ce pronom impersonnel qui inclut tout le monde et personne. 

C’est comme si l’on avait peur de quelque chose sans avoir la  conscience qui est de perdre sa place en donnant de la place aux autres.

Cette tendance qui est apparue dans le monde de l’entreprise, s’est tout doucement étendue au monde relationnel et amical.

Il est fréquent de se retrouver de nos jours, dans des groupes qui vont partager le temps d’un objectif commun, déménagement ou autre, ou lors de soirées organisées, sans connaître ni le nom de famille, ni le prénom des personnes que nous côtoyons.

C’est super pratique lorsque vous recherchez à resituer une action ou à raconter un évènement puisque les seuls repères que vous avez sont :  “celui qui avait une tasse de café à la main”, “celui qui parle beaucoup”, ou “celui qui était près du radiateur “cela donne des compte rendus d’une fluidité hors du commun, et remplis de jugement, , laissant la place à la frustration, au flou voir au fou rire suivant les qualificatifs que nous donnons.

La question est de quoi a t’on peur dans ce cas ? Que l’on nous pique nos amis ?

Il fallait bien que cela arrive aussi jusque dans la sphère familiale, dorénavant nous partageons de moins en moins dans notre premier cercle,  ce que nous vivons à l’extérieur, il est vrai que nous l’avons déjà partagé sur les réseaux sociaux, voir même gardons secrètement pour nous, les noms, prénoms des personnes que nous rencontrons de manière fortuite ou pas.

Oui, Mais allez vous me dire, qu’est ce que cela change de donner ou pas le nom ou le prénom d’une personne dans nos conversations.

Cela préserve l’anonymat, nous permet d’enfouir les sentiments de jalousie, de comparaison, et nous conforte que nous  ne sommes plus des êtres à part entière, identifiés avec un nom et un prénom, nous transformant au mieux  à  un qualificatif, chargé de , copain de , au pire  à un  numéro,  respectant par la même stricto au sensu notre anonymat et  la protection des données (RGPD).

Comment pouvons nous exister comme un être à part entière, si l’existence même de notre nom et de notre prénom est ignorée?

Pouvons nous encore être considéré comme des humains et non des robots si notre identification passe par  un qualificatif ou un numéro?

A vous de choisir, moi, j’ai choisi l’humain. Lorsque je raconte ma soirée de la veille, je mentionne toujours le nom de la personne, son prénom et le cas échéant, ce qu’elle fait, bref je la situe, je la reconnais comme une personne à part entière et lui permet par la même d’exister aux yeux de mon interlocuteur.

Christine ANDRY, 

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